Italie : des nouvelles de la grève de la faim

La grève de la faim commencée le 29 mai dans la prison de l’Aquila par les camarades anarchistes Anna et Silvia pour leur transfert hors de cette prison et pour la fermeture de la section AS2 de l’Aquila se poursuit et ne faiblit pas. Leur lettre traduite en français ici .

Elles ont été rejointes par Natascia (opé Prometeo) lors de son transfert à l’Aquila (source). Après que le JT a parlé de leur grève de la faim, les compa ont entendu leurs codétenues taper aux barreaux la semaine dernière. Une manifestation de soutien était prévue dimanche 23.


Des nouvelles d’Alfredo, Marco et Stecco ici ou ici :

  • Alfredo continue la grève de la faim qu’il a commencé le 29 mai en solidarité avec Anna et Silvia, malgré une grande perte de poids.
  • Stecco, lui, a du arrêter pour raisons médicales.
  • Marco continue, il va bien.

La grève de la faim des compa provoque de la solidarité à l’intérieur (battage à la prison de l’Aquila) mais aussi à l’extérieur :

  • 12 juin : incendie des pneus d’un camion d’antenne-relais en solidarité avec les camarades anarchistes en grève de la faim. Ici ou ici .

 

  • 16 juin : un communiqué de la camarade anarchiste Lisa, emprisonnée en Espagne, en solidarité avec les compas : à lire en espagnol ici ou traduit ici .

 

  • 16 juin : une voiture des carabiniers endommagée à Bardonecchia en solidarité avec Anna et Silvia : ici ou ici.

 

  • 16 juin : un camp de golf international, propriété de la Lavazza, joliement verni et désherbé en solidarité avec Anna, Silvia et tous les compa en grève de la fin : ici ou ici .

 

  • 17 juin : une grue ornée d’une banderolle et la salle communale occupée en soutien aux camarades : ici , ici ou ici

 

  • 21 juin : Eataly perturbé à Paris par des banderoles en solidarité à Silvia et Anna et par la lecture de leur lettre au mégaphone : ici .

 

  • 24 juin : incendie d’un véhicule Eurovia-Vinci en solidarité avec Silvia et Anna à Leipzig : ici et traduit ici .

 

  • 27 juin : incendie d’une camionnette d’Eiffage en solidarité avec les anarchistes en grève de la fin (et tou.te.s les autres) à Paris : ici .
To be continued : parce que TOUTE répression a un prix !

 

Mise à jour : Anna, Silvia et Natascia ont mis fin à leur grève de la fin le 28 juin 2019, après un mois. Marco a également arrêté suite à cela. Alfredo, lui, avait mis fin à sa grève de la faim le 24 juin. Ci-dessous, “Un coup de dé”, le communiqué de fin de grève d’Anna, Natascia et Silvia, publié ici et traduit en français par Attaque.
Source: https://anarhija.info/library/italia-aggiornamento-sugli-anarchici-in-sciopero-della-fame-28-29-06-2019-it

Un coup de dés
Communiqué de fin de grève de la fin

 

C’est un poète qui a écrit que la vie est un jeu de dés contre le destin, et on sait que les anarchistes aiment jouer. Nous, on a terminé un premier match. Un mois pour prendre la température et renifler les frontières de la cage, un mois de grève de la faim pour leur faire comprendre que nous sommes du matériel difficile à mettre en boîte.

Arrivées au trentième jour, on arrête, avec l’intention de revenir avec plus de force encore. Un premier bilan positif, on peut le voir dans la solidarité vivante, spontanée, immédiate, depuis l’intérieur et l’extérieur des prisons, qui a soulevé le problème, fort et clair.

Depuis l’intérieur : Marco et Alfredo, dans les AS2 d’Alessandria et de Ferrara, ont été en grève pendant un mois eux aussi ; Natascia nous a rejointes à son arrivée à Rebibbia et on a poursuivi ensemble quand elle est arrivée ici ; puis d’autres compagnons : Stecco, Ghespe, Giovanni, Madda, Paska et Leo.

Depuis tout près : on a entendu les battages des barreaux venants des sections 41bis pour femmes et pour hommes ; une musique qui brise le silence de cette forteresse dans la montagne, à laquelle on a répondu et on continuera à répondre jusqu’à quand elle continuera, en solidarité avec celles et ceux qui subissent sur leur peau, depuis des années, cet ignoble régime de détention.

Depuis l’extérieur : actions directes, raids informatifs et actions de dérangement, en Italie et dans le monde, ont fonctionné comme des hauts-parleurs pour quelque chose qui n’est pas un jeu : la différenciation dans les prisons, les sections punitives, l’affinement de stratégies répressives contre les anarchistes, mais pas que. Rien qu’on ne connaissait pas auparavant et on garde la conscience que, à l’intérieur comme à l’extérieur, les étincelles prêtes à se propager sont partout ; cela nous donne force et détermination.

Ce n’est qu’un début et on espère que ça a été une injection de confiance dans les potentialités et dans la force que nous portons avec nous, à l’extérieur comme à l’intérieur.

L’Aquila, 28 juin 2019
Silvia, Natascia, Anna