Des nouvelles du G7 à Biarritz

Du 24 au 26 août 2019, le G7 se tiendra à Biarritz, dans le Pays-Basque Nord. Les chef.fes d’état des USA, du Royaume Uni, du Japon, de l’Italie, de la France, du Canada et de l’Allemagne s’y retrouveront. Un contre-sommet s’organise et une lourde répression est attendue.

L’ABC-IDF vous aide à y voir plus clair et à vous préparer en amont à cette répression. Retrouvez nos articles autour du G7 Biarritz via l’étiquette “biarritz”.


Soirée « G7 et Match : sabordons le G7! » (la Brèche, EHESS, 28/06/19). Retranscription des interventions

Cette retranscription est une simple reproduction (partielle et peut-être partiale) des propos tenus ce soir-là par les intervenant .es. Il est possible que certains mots ou propos aient été mal compris ou mal retranscrits. Les propos retranscrits ne représentent en aucun cas l’avis ou les opinions des membres de l’ABC-IDF : au contraire, vous trouverez une critique par nos soins de certains points à la fin de l’article.

Pour la question de la répression et de l’anti-répression, nous vous recommandons particulièrement les prises de parole des intervenant.es 4 à 6.


1er intervenant.e :

Introduction : Grande question = Pourquoi Biarritz ? Provocation contre les militant.es basques ? Manière d’y asseoir le pouvoir de l’état ? Finalisation du pink-washing touristique ?

1. Beaucoup de gens, militant.es y compris, sont imprégnés d’une vision de l’ « Etat Nation » et considèrent les luttes territoriales comme « nationalistes » => La protestation contre le G7 ne peut pas se faire dans cette optique. C’est plutôt l’occasion d’ouvrir, pour qui veut, une fenêtre sur ce territoire, ce « laboratoire des luttes ».

2. Attention : ce « laboratoire des luttes » est aussi un « laboratoire des répressions ». Les techniques de répression contre les GJ, à Tarnac en 2009… nous les avons vécues 15 ans plus tôt.

Pays Basque Sud  (PBS): a été le fer de lance de l’anti-franquisme et a pu montrer l’échec de la soi-disant « transition démocratique ». Ex : un camarade est arrêté par la police franquiste, puis après la « transition » : les deux fois, par les mêmes flics ! Une continuité est mise en évidence.

Pays Basque Nord (PBN) : très petit, alimenté par la résistance du PBS.

Années 70 : le Pays Basque a commencé à inquiéter les autorités : début d’une campagne menée par le ministre de l’intérieur contre la « mouvance anarcho-autonome » là-bas : plus de 150 jeunes sont arrêtés, plus de 15 sont incarcérés pour des peines jusqu’à 3 ans ferme.

Depuis 2011 : fin de la lutte armée = grands changements. La mission est maintenant de faire comprendre à l’état qu’on n’a plus besoin de lui. On estime qu’il ne faut pas rentrer dans la logique de l’état c’est-à-dire qu’il ne faut pas faire abstraction de ce qu’il s’est passé et ce qu’il se passe sur ce territoire, où une lutte radicale bien que non armée est en cours. La radicalité peut se loger dans une logique de construction.


2e intervenant.e (plateforme G7EZ) :

On sort de 4 mois de négociations entre G7EZ et les élus etc. La plateforme réunit des collectifs Abertzale, altermondialistes, indépendants etc (a participé à l’orga de la semaine intergalactique à la ZAD NDDL). La Préfecture nous a mis des bâtons dans les roues à longueur de temps, c’est pour cela qu’on commence maintenant seulement à entrer dans les aspects logistiques.

Points validés :
-il y aura un camp, pour environ 10 000 personnes, vers Hendaye. On verra si on peut en ouvrir d’autres. Les conditions sur le camp seront rudimentaires : il faut s’attendre, par ex, à des problèmes d’eau. Le camp ouvrira dès le 19/08 : on attend des gens pour aider à l’installer.

-le contre-sommet aura lieu les 21-22-23/08. Les élus ont essayé de retirer le Centre des Congrès d’Irun (ES), mais il sera finalement disponible. De grandes conférences seront donc possibles. On y décompte déjà jusqu’à 70 conférences et actions au programme. Le contre-sommet se déroulera donc entre Hendaye et Irun, c’est-à-dire des 2 côtés de la frontière.

Points à valider :
-un village alternatif à Hendaye.

L’objectif de cette plateforme est d’attaquer le G7 par 3 moyens:
1. le contre-sommet
et le combat politique qui s’y tiendra : il faut que tout le monde puisse y venir et y participer.
2. Les grandes manifs de masse : le 13/07 et le 24/08.
3. La désobéissance civile : imposer notre présence au-delà du débat. Idée d’une « zone arc-en-ciel » : le 25/08, 7 points d’occupation de lieux pour protester contre ce système et tester l’efficacité de leurs réponses.

L’association G7 Blokatu souhaite perturber l’organisation du G7 de façon plus souterraine. On réfléchit encore à la communication.


3e intervenant.e (G7 Alternatives) :

On constate une crise voire une fin du G7 : au Canada, ils n’ont presque rien pu faire, grâce au mouvement de contestation ; cette année, ce sera aussi un échec – d’ailleurs, Trump a déjà annoncé son absence.

*L’organisation du contre-sommet entre les 2 pays doit renforcer les contestations.

*Le programme de G7 Alternatives compte 7 points, qui seront publiés le 04/07.

*Un système de navette sera mis en place entre le camp et le contre-sommet.

*Tout le monde doit se sentir accueilli : la diversité des tactiques existera, mais certains espaces doivent être préservés. Un mouvement non-violent, mais pas seulement.

Point Gilets Jaunes : il y a eu une discussion sur le G7 à l’Assemblée des Assemblées à Monceau-les-Mines. Il y a eu un appel des GJ Basques pour le contre-sommet, ils gèrent leur infra-structure mais pas l’organisation.

NDDL : il y a un contact.


4e intervenant.e (comité de soutien de Loïc) :

Rappel de l’ampleur de la répression au G20 à Hambourg : il va se passer pareil, ou pire. Intervention en 2 parties : 1. rappel de la répression à Hambourg ; 2. point sur la situation de Loïc.

1. Pêle-mêle : Rappel de la répression du contre-G20 à Hambourg :

*tous camps autorisés puis interdits à la dernière minute ; manif autorisée puis réprimée dès le départ ;

*plateforme de délation mise en place par la police, des personnes sont toujours recherchées à chaque manif à Hambourg : seront recherchées au G7 aussi !

*Une taule a été construite pour les GAV liées au contre-G20;

*les manifestant.es ont été trié.es et recherché.es selon les langues parlé.es et la marque de leurs k-way (Quechua = français.e, bouteilles de Club Mate = allemand.e) ;

*flics appelés à se porter volontaires.

2. Sur Loïc : voir blog.

Sera en procès au moins jusqu’à décembre 2019. Il risque 7 ans de prison pour l’accusation d’avoir jeté un explosif dans un immeuble habité et pour « organisation criminelle ». Le chef d’inculpation d’organisation criminelle provoque un débat : les événements de l’Elbchaussee peuvent-ils être considérés comme une manifestation ? Si oui, l’accusation d’orga criminelle ne tient pas.


5e intervenant.e (antirépression) :

*Pas de photos, ni de films, ni de téléphone en manif.

*Il y a une journée d’action pour les inquiété.es d’Hambourg annoncé sur iaata.

*Il y aura un préfabriqué pour les comparutions immédiates devant le TGI de Bayonne.

*Le CRA d’Hendaye sera vidé pour août et modifié pour devenir un lieu de GAV (on ne sait pas exactement où seront les personnes qui y sont détenu.es normalement).

*Des flics seront logés dans un gymnase à Bayonne.

*Attention: le passage de la frontière Esp/Fr risque d’être l’occasion de multiples contrôles.


6e intervenant.e (antirépression) :

*Il y aura une cellule antirép au sein du réseau RAJ et un mediacenter pour infos sur l’état des forces de l’ordre et les personnes interpellés.

*On essaie de monter une équipe d’avocat.es sur place, mais le bâtonnier empêche les avoc non locaux de prendre des gens en charge au TGI de Bayonne. On essaie donc de mettre en place une liste d’avoc du barreau de Biarritz qu’on pourrait nommer, quitte à ce qu’ils s’échangent les mandataires avec des avoc d’autres barreaux.

*La circulation risque d’être très compliquée entre Biarritz et Hendaye, dans et hors du tribunal.

*Il y aura des briefs juridiques sur le camp dès avant le 24.

*Les orga (plateformes, AR, collectifs …) ne se désolidariseront d’aucun.e manifestant.e.

NB: il existe des réunions de préparations ministérielles au G7 tout au long de l’été. Elles sont consultables sur le site de l’élysée.


Le coups de gueule de l’ABC-IDF :
C’est l’heure de la critique !

  • L’attitude “un contre-sommet non-violent mais pas seulement” nous dérange. Nous soutenons et continuerons à soutenir inconditionnellement la diversité des tactiques. L’oppresseur et les rebelles n’ont pas à être mis sur le même plan, même si les techniques de lutte et de rébellion utilisées ne vous plaisent pas.
  • Nous ne comprenons pas en quoi les quelques militant.es du coin présents à cette présentation auraient plus de légitimité à imposer des modes d’action ou de défense que les autres. Les sommets et contre-sommets sont des expériences militantes internationales qui se construisent dans le temps, d’endroit en endroit. Cette incompréhension ne concernent pas seulement les remarques des copain.es du Pays-Basque, mais aussi, par exemple, certains débats qui ont fait suite au G20 Hambourg.
  • Nous exprimons nos inquiétudes les plus vives à l’idée que les militant.es du contre-sommet soient invité.es à traverser plusieurs fois par jour la frontière Fr-Es entre Irun et Hendaye. Cela sera probablement une occasion de répression musclée et de contrôles abusifs dont on aurait pu se passer facilement.
Last but not least : merci aux personnes qui ont organisé cette présentation à la Brèche !