Urgent : appel à la solidarité avec Andreas Krebs

Andreas est un prisonnier rebelle et solidaire, accusé du meurtre de son ex-chef, et d’être trop proche d’anciens membres de la RAF. Il a été condamné en 2018 à 24 ans de prison, alors qu’il souffrait déjà d’un cancer du rein. Nous proposons ci-dessous une traduction libre d’un appel à solidarité publié sur le blog de solidarité avec Andreas, suivie de la traduction d’un résumé de sa situation publié par l’ABC de Vienne (Autriche) .


Appel à solidarité

Andreas est détenu à la prison de Naples, et cela fait des années qu’il doit être hospitalisé, ce qui lui est toujours refusé. Son avocat essaie de mettre la pression à l’administration de la taule et nous demande aussi de faire chier le gouvernement allemand (Andreas est de nationalité allemande).

Alors, appelons massivement l’ambassade allemande là-bas, et exigeons la prise en charge médicale du prisonnier Andreas Krebs ! Ne pas le faire serait un manque d’assistance à personne en danger.

Herr Besken (Ambassadeur) : 0039649213285

L’état d’Andreas est vraiment critique. Un cancer des reins lui a été diagnostiqué, et il souffre à présent de rétention d’eau, ce qui indique une insuffisance rénale. En fait, ce n’est pas vraiment notre genre que de demander quelque chose aux dirigeant.es, mais là, il s’agit de la vie d’Andreas, et pour le moment nous n’avons pas vraiment d’autres moyens de pression.


Solidarité avec Andreas Krebs – Un résumé (Juillet 2019)

article original (en allemand) ici

Notre ami et compagnon Andreas est actuellement incarcéré à Naples (Italie). Depuis son emprisonnement en Allemagne, Andreas est connu comme étant un prisonnier rebelle. En avril 2019, en Italie, il a été condamné à 24 ans de prison. En plus de cela, on lui a diagnostiqué il y a peu un cancer du rein. Son état de santé ne cesse de se détériorer et nous craignons pour sa vie. En fait, il devrait être opéré depuis des mois, mais les autorités italiennes refusent de le transporter à l’hôpital.

Andreas a passé des années entre les griffes de la « justice » allemande et a été détenu plus de 16 ans en prison. C’est un prisonnier rebelle : il a participé à construire un syndicat de prisonniers (en allemand : GGBO) derrière les barreaux, a mené diverses grèves de la faim contre les conditions d’incarcération et a participé à une grève de la faim en solidarité aux prisonniers en Grèce.

Jusqu’à aujourd’hui, il publie régulièrement des textes contre la société carcérale, dans lesquels il décrit le quotidien de l’emprisonnement. En automne 2014, après sa libération, il rencontrait Jutta, qui est maintenant son épouse. Ils ont décidé ensemble qu’ils voulaient passer tranquillement le coucher de soleil de leurs vies en Italie du Sud. Fin décembre 2016, une altercation a eu lieu avec son ancien patron. Ce dernier s’est jeté sur Andreas et l’a étranglé. Dans l’urgence, Andreas a voulu se défendre et lui a asséné un coup de couteau suisse. Malheureusement, la victime est décédée à l’hôpital trois jours après, dans des circonstances obscures : en effet, peu après les faits, il avait été dit que ses jours n’étaient pas en danger.

S’ensuivit une persécution sans précédent contre Andreas et Jutta. Jutta reçoit des menaces de mort sur Facebook, pendant que lui est maltraité et torturé dans la prison Santa Maria Capua Vetere par les membres de la famille du défunt, qui travaillaient et travaillent encore aujourd’hui dans cette prison. Comme la vidéo de la caméra de surveillance confirme les déclarations d’Andreas, c’est-à-dire qu’il s’agissait de défense, il est sorti après quelques jours de détention provisoire et a été assigné à résidence. Là, il était livré aux incessantes « visites » de la police et à la haine d’une grande partie de la population. La famille de la victime a assiégé leur appartement, de telle sorte qu’Andreas et Jutta n’ont pas pu sortir de la maison pendant des semaines. Finalement, ils se sont vus contraints de fuir et sont repartis en Allemagne. Là, Andreas a été arrêté après à peine 6 mois, à cause d’un mandat d’arrêt européen, avec la coopération de l’unité anti-terroriste de la police allemande. C’est ainsi qu’Andreas se retrouve en septembre 2017 à nouveau dans une taule allemande.

En décembre 2017, il a été transporté de manière totalement inattendue à la prison de Burg, en compagnie de flics cagoulés d’un autre département policier anti-terroriste. Andreas a encore et encore rapporté les conditions intolérables dans les taules de Volkstädt et Burg. En avril 2018, Andreas a finalement été, en grande précipitation, livré à la prison Berlin Moabit en attente d’extradition, pour être finalement extradé en Italie en tant que citoyen allemand.

Depuis, Andreas se trouve à Secondigliano, une des plus grandes prisons de haute sécurité de Naples. Le procès contre lui s’y déroule depuis le 30 mai 2018. En novembre 2018 ont eu lieu quelques audiences pour lesquelles Jutta, l’épouse d’Andreas, était présente sur les lieux. Les proches de la victime ont essayé, dans la salle d’audience, de se jeter sur Jutta, et ils l’ont à nouveau massivement menacée. Le 1er avril 2019, le procès en première instance s’est terminé sur une condamnation à 24 ans de prison pour meurtre avec préméditation. Andreas portait déjà clairement, avant son extradition, les marques physiques et psychiques des conditions de détention des taules de Volkstedt, Burg et dernièrement Berlin-Moabit. L’état de santé critique d’Andreas a été systématiquement ignoré et dénié. Les médicaments, les examens cliniques et opérations lui ont été refusés à plusieurs reprises. En plus de cela, ses conditions de détentions étaient renforcées, puisque la police allemand lui fabule une proximité avec des (anciens) membres de la RAF.

En Italie, l’état de santé d’Andreas ne s’est en aucun cas amélioré. Au contraire : on lui a récemment diagnostiqué un cancer du rein. Ces dernières semaines, il a fait face à une insuffisance rénale aiguë. Il souffre d’une très violente rétention d’eau dans tout le corps, en particulier dans les jambes, et, par moment, il ne peut plus marcher à cause de cela. Un transport à l’hôpital et une opération nécessaire depuis des mois et assurée par la magistrature lui sont toujours refusés. Andreas reste désobéissant, il s’engage pour les autres détenus et rapporte régulièrement le quotidien violent à Secondigliano, l’arbitrarité des surveillants, le délabrement et l’approvisionnement insuffisant que tous les détenus subissent, et le racisme envers les codétenus africains.

Andreas se réjouit de tout type de soutien !

Il doit se fournir lui-même en médicaments et en aliments qui soient au moins à peu près consommables.

Si vous voulez lui envoyer de l’argent :

Bénéficiaire : Krebs
IBAN: DE 90 1005 0000 1067 1474 26
BIC: BELADE BEXXX
Objet: Spende/Andreas Krebs

Écrivez à Andreas en prison, il se réjouit de chaque petite carte postale.

Vous pouvez aussi lui envoyer des livres, des journaux, des revues ou bien de papier coloré, il reçoit tout.

Il est très intéressé par les motos et les questions philosophiques.

Andreas Krebs
Sez. 1 Stz.1
Sez. Mediterraneo (CASA CIRCONDARIALE SECONDIGLIANO)
Via Roma Verso Scampia, 250,
Cap 80144 Napoli (NA),
Italie

Si vous voulez avoir davantage d’informations sur Andreas, suivez https://andreaskrebs.blackblogs.org/ (en allemand).

Montrons à Andreas qu’on ne l’oublie pas. Des actions de solidarité de toute sorte sont les bienvenues !

Liberté pour tous les prisonniers ! A bas toutes les taules !

Liberté et chance pour Andreas Krebs !


Des nouvelles de la situation d’Andreas Krebs à Naples (Juin 2019)

article original ici

Andreas va toujours mal. Depuis quelques jours, son état de santé empire de plus en plus rapidement. Depuis les dernières nouvelles, on lui a diagnostiqué un cancer du rein, et il souffre de rétention d’eau, ce qui est un signe d’insuffisance rénale. Un appel à soutien est à lire ici. Il y a quelques jours, Andreas était dans le département des malades, mais la direction de la taule ne fait toujours pas les démarches pour le transporter à l’hôpital. Leur argument : quelqu’un pourrait le libérer sur le chemin de l’hôpital. Cela et son régime pénitentiaire en sécurité renforcée, c’est la fable du BKA [BundesKriminalAmt : police fédérale d’investigation criminelle] allemand sur ses prétendus contacts avec la RAF qui l’a monté de toutes pièces. Argument que les autorités italiennes épuisent maintenant jusqu’à la moelle à chaque occasion.

Entre temps, il y a aussi des indices très concrets, dans le rapport d’autopsie, de ce que la cause de la mort de Massimo n’a pas pour origine le coup de couteau d’Andreas, mais un drainage des poumons qui a été mal mené à l’hôpital. La victime y a subi une perforation au coeur, qui a conduit à sa mort à l’hôpital, mais des jours après.

Ces derniers temps, quelques lettres d’Andreas nous sont parvenues de nouveau de la taule de Naples. Ci-dessous, un résumé des points les plus importants.

1. L’avocat d’Andreas a demandé une révision du procès. Mais, d’ici à la prochaine instance, cela peut encore durer longtemps. Andreas et son avocat comptent sur une relaxe à la prochaine instance. L’ambiance, chez Andreas et chez son avocat, est donc clairement combative. Entre temps, le délibéré du jugement est arrivé chez l’avocat. Les expert.es que l’avocat d’Andreas avait engagé.es pour l’exploitation des vidéos ne sont pas crues, et le jugement tout entier est, selon l’avocat, une énorme farce. L’avocat s’attend à ce que la prochaine instance dure encore plus longtemps que le premier procès.

2. Andreas est à présent apprécié des autres détenus, et il tient même la plupart des matons en respect. Andreas : « Je me bats comme un gorille, je fais du sport presque tous les jours et les surveillants me craignent vraiment, maintenant. Le bruit s’est répandu que beaucoup, beaucoup de personnes me soutiennent et que je publie énormément. Tout cela me donne de la force et tous les détenus respectent cela. » Entre temps, Andreas a été transporté sur une autre station, dans laquelle il peut se déplacer relativement librement, et où les détenus entretiennent des rapports mutuels plus respectueux.

3. Andreas attend toujours un rendez-vous pour son opération, et, pour des raisons cousues de fil blanc, on ne dit ni à son avocat ni à lui quand le rendez-vous aura lieu. Andreas souffre chaque jour de douleurs des plus violentes dans tout le corps. Les médicaments insuffisants ou inadaptés ne font plus rien depuis longtemps déjà.

4. Andreas nous informe toujours dans ses lettres des conditions insupportables et de l’absurdité en taule. Un surveillant lui a dit « Ici c’est nous qui commandons, et nous pouvons aussi en tabasser ou tuer un ! ». C’est presque toutes les semaines que surviennent tentatives de suicide ou violences contre les prisonniers. Andreas : « Est-ce que c’est donc normal, que les gens ici se plantent quotidiennement, se pendent, et que les surveillants ne fassent rien ? ». Andreas met souvent les surveillants face à cette situation, et apprend alors d’eux qu’ils « ont avant tout peur d’être contaminés par des maladies ». Les détenus ne reçoivent pas de médicaments, même pas lorsqu’ils en demandent : c’est seulement après les tentatives de suicide que l’on peut recevoir des calmants.

5. La communication depuis la taule vers l’extérieur devient de plus en plus compliquée. Pas seulement parce que les lettres d’Andreas prennent au moins 4 semaines pour arriver. Il y a peu, le téléphone aussi était hors service, et la direction de la prison a refusé de le faire réparer. Les lettres de l’extérieur, elles, lui parviennent sans censure et il est aussi possible de lui envoyer du matériel de bricolage, du papier, des journaux, des revues ou même des livres entiers.

6. Andreas s’implique souvent pour les autres détenus. Il écrit des formulaires et des plaintes, et s’engage auprès des autres prisonniers non-italiens, qui sont encore et encore cibles d’insultes racistes et d’agressions.

Andreas ne cesse pas faire passer des salutations aux personnes qui le connaissent et le soutiennent !

Vous pouvez lui écrire à l’adresse suivante :

Andreas Krebs
Sez. 1 Stz. 6
Sez. Mediterraneo (CASA CIRCONDARIALE SECONDIGLIANO)
Via Roma Verso Scampia, 250,
Cap 80144 Napoli (NA)
Italie